Le baise-pied

Il était à genoux devant elle et leurs regards s'accrochèrent, se fixèrent, et se firent pétillants. Leurs lèvres s'étirèrent, esquissant les prémices d'un sourire. Il leur parut qu'un fragment d'éternité se posait sur eux, les mettant à l'écart du monde extérieur...

Lentement, sans détacher son regard de lui, elle tendit son pied vers sa bouche. Il le prit délicatement entre ses mains et le parcourut de doux baisers.

Voyant des étoiles dans les yeux de sa dame, il s'enhardit et ponctua ses baisers de petites caresses du bout de la langue. Il la sentit trembler d'excitation, puis de plaisir. Attentif aux bruits de son souffle, il accentua les caresses de ses doigts, de ses lèvres, de sa langue, les faisant tout à tour lentes et langoureuses, puis appuyées et tulmultuses. Elle se laissa basculer contre le dossier du siège, attentive à chacun de ses mouvements et aux emportements de son propre corps qui en découlaient. Enhardit, sa langue se fit plus pressante, virevoltante, sautant d'un orteil à l'autre comme un expert sur son piano, à la quête du meilleur accord possible entre sa domina et lui. Un orteil en particulier la faisait chanter plus encore. Il ne cessait d'y revenir.

Quand elle en eut assez elle reposa son pied sur la jambe de son partenaire, et l'observa. Il la fixait avec intensité, montrant à la fois l'étendue de son plaisir d'être à ses pieds, et sa volonté de s'abandonner entre ses mains à elle, et à nulle autre...

Elle reprenait doucement ses esprits, dessinant dans le même temps un sourire un peu félin sur son visage. Lentement, elle lui prit la tête entre ses mains et l'attira à lui pour le contempler.

Elle finit par la poser sur ses cuisses, et frémit au contact du froid de l'anneau du collier. Elle le maintient dans cette position, immobile, tout en effleurant le dos qui s'offrait du bout de ses doigts. Le calme avant une autre tempête...

Ses doigts allaient et venaient lentement, faisant frémir son compagnon. Elle se pencha au dessus de sa nuque et y posa sa bouche qui s'ouvrit légèrement sur un long et profond baiser. Lentement elle libéra ses dents contre cette peau offerte, et le baiser se fit mordant...Un autre baiser félin, puis un autre, et ses mains se mirent de concert à parcourir ce dos, alternant caresses et griffes, baisers et morsures...Leur respirations se firent haletantes, elle d'excitation, lui de douleur et de plaisir mélangés. Plus son excitation à elle montait, plus ses cris à lui devenaient jouissance. A le voir savourer sa souffrance, à le sentir frémir contre son corps, son entrejambe d'humidifia, jusqu'à atteindre l'excitante douleur du désir.

Quand le déferlement se calma, elle reprit sa tête entre ses mains et l'attira contre elle, la posant au creux de ses seins. Posés ainsi, les yeux clos, elle lui caressant les cheveux, lui encore dans la brume, ils reprirent lentement leur souffle, savourant encore ce délicieux moment et la sensation d'éternité dont ils s'étaient enveloppés...

Dame Bérénice/ Tous droits réservés
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